Exercice : Français

Information importante

Ce test n’est pas issu des tests de positionnement à l’entrée mais d’un test en milieu d’année (durée 3h). Mais il vous est proposé comme exemple car il présente les différents types d’exercices à maîtriser en Français et leur correction.

Le test de positionnement à l’entrée est une version plus courte (durée 45min) mais avec les mêmes attendus.

TEXTE

Quant au motif qui m'a poussé, il était fort simple. (…) C'est la curiosité - la seule espèce de curiosité, en tout cas, qui vaille la peine d'être pratiquée avec un peu d'obstination : non pas celle qui cherche à s'assimiler ce qu'il convient de connaître, mais celle qui permet de se déprendre de soi-même. Que vaudrait l'acharnement du savoir s'il ne devait assurer que l'acquisition des connaissances, et non pas, d'une certaine façon et autant que faire se peut, l'égarement de celui qui connaît ? Il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu'on ne pense et percevoir autrement qu'on ne voit est indispensable pour continuer à regarder ou à réfléchir.

On me dira peut-être que ces jeux avec soi-même n'ont qu'à rester en coulisses ; et qu'ils font, au mieux, partie de ces travaux de préparation qui s'effacent d'eux-mêmes lorsqu'ils ont pris leurs effets. Mais qu'est-ce donc que la philosophie aujourd'hui - je veux dire l'activité philosophique - si elle n'est pas le travail critique de la pensée sur elle-même ? Et si elle ne consiste pas, au lieu de légitimer ce qu'on sait déjà, à entreprendre de savoir comment et jusqu'où il serait possible de penser autrement ? (...). L'"essai" - qu'il faut entendre comme épreuve modificatrice de soi-même dans le jeu de la vérité et non comme appropriation simplificatrice d'autrui à des fins de communication - est le corps vivant de la philosophie, si du moins celle-ci est encore maintenant ce qu'elle était autrefois, c'est-à-dire une ascèse, un exercice de soi dans la pensée" (p. 15).

Michel Foucault in L'usage des plaisirs (Histoire de la sexualité II), éditions Gallimard, Paris, 1984.

Question

Résumez le texte en 100 mots (+/-10 %)

Solution

À l’origine de ma démarche se tient la curiosité visant non la possession d’un savoir, de piètre intérêt, mais la perte de soi, nécessaire à l’édification de voies nouvelles. La connaissance perd en effet tout sens dans l’accumulation. À quoi sert-il de connaître si ce n’est pour se perdre ?

À ses détracteurs la dépréciant, je rétorquerai que la curiosité fonde la philosophie contemporaine qui n’est autre qu’une réflexion critique posant les jalons d’une pensée nouvelle.

L’essai est ainsi la matérialité, corps vivant de la philosophie entendue comme exercice de soi. (91 mots)

Question

Expliquez les expressions suivantes :

  • « se déprendre de soi-même »

  • « l'égarement de celui qui connaît »

Solution

« se déprendre de soi-même »

Selon le dictionnaire le sens de cette expression est « se dégager de soi-même ». C’est l’antonyme de « s’éprendre de », « tomber amoureux ».

La réflexivité, via l’usage pronominal du verbe, invite à interpréter l’expression : se défaire, se dégager de soi de sa subjectivité, se remettre en question, faire taire les affects, les émotions pour tenter une objectivation du réel. Connaître exige autant que possible une mise à distance de l’homme. Dans le contexte, la curiosité selon Foucault permet de se dégager de soi-même, de tt ce qui est inhérent au sujet pour tenter une connaissance objectivée et libérée de subjectivité autant que possible.

« l'égarement de celui qui connaît »

Les termes ne posent pas de problème lexical et sont aisés à définir. Toutefois l’expression est paradoxale, généralement en effet, la connaissance offre, rassurante, une satisfaction et réduit nos angoisses. Dans le contexte, cependant elle entraîne un égarement, une perte de celui qui connaît, condition sine qua non de la véritable connaissance toujours incertaine, en proie au doute et à l’instabilité dans sa nature profonde. Le réseau lexical de la recherche et de la perte, de la remise en question est bien représenté dans le texte (se déprendre de soi-même, égarement, penser autrement, travail critique de la pensée sur elle-même, jusqu’où il serait possible de penser autrement, exercice de soi dans la pensée)

Question

ESSAI

« Que vaudrait l'acharnement du savoir s'il ne devait assurer que l'acquisition des connaissances, et non pas, d'une certaine façon et autant que faire se peut, l'égarement de celui qui connaît ? »

Partagez-vous cette analyse de Michel Foucault ?

Solution

Introduction

  1. Contexte Aujourd’hui où les sciences et les techniques nous permettent des prouesses incroyables (Mission Rosetta, Comète Tchoury, Mission Persévérance sur Mars, Télescope James Webb)

  2. Annonce du thème Le sujet soumis à notre étude invite à questionner le champ du savoir.

  3. Analyse du sujet et définitions De façon paradoxale, le grand philosophe Michel Foucault, fustigeant l’accumulation de connaissances montre que le savoir n’a de sens que s’il permet l’égarement.

  4. Problématique Cette analyse est-elle légitime ?

  5. Démarche Nous conduirons cet essai selon la dialectique.

Développement

  1. Paragraphe 1-Idée 1 Contre-thèse De l’intérêt de l’acquisition des connaissancesransition : Limites de la thèse L’acquisition des connaissances ne saurait suffire (exemple : l’encyclopédie, illusoire inventaire des mondes)

  2. Paragraphe 2-Idée 2 Thèse De la nécessité d’une mise en perspective constante des connaissances dont la propriété est la réfutabilité, l’incertitude.Transition L’errance, l’égarement, la déroute incarnant doute et incertitude sont ainsi au cœur de ce processus

  3. Paragraphe 3-Idée 3 Thèse suite De la puissance de l’égarement sur la voie de l’invention et des voies nouvelles. Dont l’erreur et la sérendipité.

Conclusion

  1. Synthèse

  2. Réponse à la problématique

  3. Ouverture